Bien que 16 millions de ménages sont engagés dans l’agriculture : La RDC ne sait pas nourrir sa population

En République démocratique du Congo, environ 16 millions de ménages sont engagés dans les activités de production agricole. L’héritage est le principal mode d’accès à la terre, bien que le recours à la location et à l’achat soient de plus en plus en vogue. Pendant ce temps, l’accès aux intrants agricoles de qualité reste une contrainte majeure au développement du secteur agricole dans le pays. Et le manque d’infrastructures de transformation, conservation et stockage des produits alimentaires et le mauvais état des routes ainsi que l’accès difficile au crédit constituent les principaux défis qui se posent avec acuité dans les différents marchés.

C’est ce que révèle une étude sur les politiques et systèmes alimentaires en RDC présentée en août 2021. C’était en prélude du Sommet mondial sur les systèmes alimentaires tenu au mois de septembre 2021 et dont la RDC a pris part à travers son Chef de l’État Félix Tshisekedi.

C’est une étude qui a été initiée par le Comité national pour la promotion de l’agriculture familiale en RD Congo (CNPAF-RDC), plateforme de la Société civile renfermant les trois faitières nationales des paysans producteurs agricoles. Ce, avec l’appui de l’organisme international AFSA (Alliance for food sovereignty in Africa) et le financement de l’Ong belge S.O.S Faim.

En effet, à travers le monde, il existe cinq systèmes alimentaires, de types industriel, mixte, en transition, émergent et rural. Et l’étude démontre que la République démocratique du Congo est parmi les pays à système alimentaire de type rural qui est le modèle dominant à l’échelle nationale. L’agriculture de substance semble donc être la stratégie arrêtée par le pays pour subvenir à ses besoins alimentaires.

Cependant, malgré son énorme potentiel agropastoral, le pays ne sait pas produire suffisamment pour nourrir sa population. Et selon l’étude, le bilan alimentaire national renseigne un déficit en céréales et légumineuses. Le déficit céréalier est estimé à près de 9 millions de tonnes, soit près de deux fois la production céréalière disponible. Le déficit en légumineuse est estimé à près de 340 milles tonnes.

La disponibilité apparente pour les céréales est de 35 Kg par an et par personnes, alors que la norme de consommation est de 144 Kg. Pour les légumineuses, cette disponibilité apparente est de 35 Kg par an et par personne, alors que la norme de consommation est de 43 Kg. Et pour les tubercules, cette disponibilité apparente est de 467 Kg par an et par personne pour une norme de consommation de l’ordre de 135 Kg.

Placer les ménages agricoles au centre de l’intervention publique

D’après cette étude, au niveau de la commercialisation des produits alimentaires, il se dégage que l’ensemble des marchés établis sur le territoire national fonctionne correctement, avec la disponibilité des denrées alimentaires, le nombre élevé des commerçants, et la proximité des sources d’approvisionnement qui en sont les principaux points forts.

L’étude fait savoir aussi qu’en plus des engagements internationaux, régionaux et sous régionaux auxquels la RDC a souscrit, plusieurs politiques et cadres programmatiques sectoriels et sous sectoriels sont élaborés pour renverser les tendances fâcheuses actuellement observées. Cependant, les quelques évaluations faites font ressortir des résultats souvent mitigés.

Ainsi, l’étude indique qu’avec un système alimentaire de type rural, les investissements à faire pour inverser les tendances actuelles devront chercher à placer les ménages agricoles au centre de l’intervention publique dans le domaine alimentaire. D’autant plus que, estime-t-elle, les agriculteurs familiaux sont les seuls à pouvoir engager des changements dans la façon dont les aliments sont cultivés, produits, transformés et distribués, dans une perspective d’amélioration du développement des territoires.

Un focus devra être mis sur l’émergence des approches de coordination d’interventions multisectorielles et synergétiques, pour lutter contre les fortes prévalences de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire qui sévissent encore au pays, a conclu cette étude.

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