Forum des forêts tropicales d’Oslo 2022 La CONAPAC a plaidé en faveur des terres des paysans de la RDC

Espérance Nzuzi au milieu lors du panel

Sur invitation de CAFI (Central African Forest Initiative/Initiative pour les forêts d’Afrique centrale), la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC) a pris part, du mardi 21 au mercredi 22 juin 2022 à Oslo en Norvège, à la cinquième conférence sur les forêts tropicales. Elle y a été représentée par la présidente de son conseil d’administration, Mme Espérance Nzuzi Mwaka, accompagnée de son secrétaire exécutif, M. Freddy Mumba.

L’objectif de ce forum organisé par Norwegian International Climate and Forest Initiative, était d’améliorer la connaissance et la collaboration parmi les décideurs politiques, les acteurs du secteur privé et les spécialistes de la société civile œuvrant pour faire cesser la déforestation tropicale. D’autant plus que la protection des forêts tropicales ainsi que des droits et des moyens de subsistance des communautés qui les gèrent contribue à permettre d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris pour le climat et les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030.

Ainsi, selon une dépêche nous parvenue de la CONAPAC, le forum a fourni des espaces interactifs où les participants ont pu partager leurs différentes expériences et discuter de nouvelles stratégies ainsi que de nouveaux outils et partenariats. Et il a connu la participation de plusieurs délégués venant de tous les horizons du monde et la République démocratique du Congo a été représentée par une forte délégation comprenant le représentant du Gouvernement, les membres de la société civile environnementale, paysanne et des peuples autochtones.

Et la présence de la représentante des paysans producteurs agricoles de la RDC à ces assises d’Oslo a été jugée très importante pour porter un message fort et un plaidoyer important en faveur de l’agriculture familiale et des producteurs agricoles.

La première journée a connu deux moments forts. D’abord la session plénière consacrée à l’ouverture du forum, au cours de laquelle, les participants ont suivi tour à tour les discours de circonstance du ministre norvégien de Climat et Environnement, M. Espen Barth Eide et de la présidente du comité du programme du Forum des forêts tropicales d’Oslo (OTFF), Mme Frances Seymour.

Cette plénière a été suivi des trois sessions parallèles. Lesquelles étaient animées respectivement par une organisation dénommée ART sur le thème « Financement de marché pour le REDD+ à l’échelle juridictionnelle » ; par l’initiative CAFI sur l’« Opportunité gagnant-gagnant pour les populations et les forêts en Afrique centrale » ; et l’Ong internationale Global Forest Watch autour de la « Surveillance des forêts et de l’utilisation des terres : de l’information à l’action ».

Les après-midi de la première journée ont été consacrés à deux autres sessions. La première animée par l’organisation RFN sur le thème : « Opportunité d’étendre la tenure et la gestion forestière des IPLC ». Et une autre organisation dénommée TRASE a animé la deuxième session autour d’« un changement radical dans les mesures axées sur la demande ».

Espérance Nzuzi insiste sur le travail de la femme rurale

Dans les séances des avant-midis, les délégués de la CONAPAC ont assisté à la session animée par l’initiative CAFI, qui a facilité leur participation à cette rencontre. Plusieurs panels étaient organisés et la présidente de la CONAPAC, Mme Espérance Nzuzi a participé activement dans le panel qui avait pour thème : « Analyse approfondie du pays : ‘RDC : le développement rural peut-il résoudre le cycle pauvreté/déforestation’ ? ».

Aussi il a été demandé à la présidente de la CONAPAC de participer dans un autre panel qui va développer le thème « Forêts et opportunités de développement rural en Afrique centrale », organisée toujours par CAFI. Et à participer aussi pleinement à l’ensemble de la conférence.

Dans sa présentation, Mme Espérance Nzuzi est revenu sur le travail de la femme en milieu rural. Elle a tenu à montrer l’importance de l’agriculture familiale et que plus de 80 % de la population congolaise vit en milieu rural et principalement de l’agriculture.

Selon elle, une grande partie de cette population est donc constituée des femmes qui effectuent des taches énormes et qui contribuent au revenu du ménage. « La femme se lève tôt le matin et accompli plusieurs taches, tandis que l’homme se limite aux grands travaux d’abattage pour l’ouverture de champs, le reste étant fait par la femme », a-t-elle indiqué.

La présidente de la CONAPAC a aussi et surtout plaidé en faveur des paysans producteurs agricoles. Elle a d’abord rappelé que ces paysans ont besoin de la terre pour leur subsistance. « Souvent les terres qu’ils exploitent perdent rapidement la fertilité et les paysans sont obligés de chercher les nouvelles terres, cela conduit à attaquer les forêts où ils vont trouver les terres fertiles. Ce qui conduit aux pratiques d’agriculture sur brulis », a-t-elle soutenu.

Les agriculteurs, premières victimes du changement climatique

Poursuivant sa présentation, Mme Espérance Nzuzi Mwaka a dénoncé le fait qu’en RDC, les nouveaux espaces de terres sont acquis et exploités de façon non contrôlée. De l’autre côté,  elle a déploré l’expansion démographique qui exerce une forte pression sur les forêts.

« La perte des forêts va ainsi contribuer au phénomène de changement climatique qui entraine des perturbations dans le calendrier agricole et les agriculteurs sont les premières victimes du changement climatique : les pluies deviennent irrégulières, … Ce qui explique la nécessité d’impliquer les agriculteurs dans tous les programmes qui vont dans le sens de réduire l’impact sur les forêts en adoptant les pratiques agricoles durables », a-t-elle plaidé.

A côté de ces sessions, plusieurs contacts ont été pris avec différents acteurs présents au forum afin d’explorer des pistes de collaboration. Cette participation, signale notre source, a permis la visibilité de la CONAPAC au niveau des organisations internationales comme CAFI et NORAD, « car sur base de ces interventions, il a été retenu l’importance de travailler avec les agriculteurs dans la lutte contre la déforestation ».

Il a été aussi jugé bon pour la CONAPAC de poursuivre des contacts au niveau du pays en RDC, pour concrétiser la collaboration avec différentes structures impliquées. Parmi lesquelles, le FONAREDD, le CAFI, la DGPA, le GTCRR, les Ministères (Finances, Environnement, Agriculture).

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