Grâce au projet CIVSAM, des ménages vulnérables ont amélioré leurs moyens de substance à l’Équateur et Maï-Ndombe

L’appui du projet CIVSAM a permis de valoriser les populations marginalisées (femmes, jeunes pygmées et bantous) des provinces de l’Équateur et de Maï-Ndombe en leur offrant l’occasion de s’épanouir et d’améliorer leurs conditions de vie qui étaient toujours précaires. Ainsi, elles ont intégré la dynamique du mouvement paysan à la base. En tant que membres, elles contribuent et participent désormais à toutes les activités des organisations paysannes et leurs intérêts sont défendus, et elles sont représentées dans les instances de prise de décisions.

La République démocratique du Congo est un vaste pays (considéré comme un sous-continent) avec une superficie de 2.345.000 km², et riche en ressources naturelles. Malgré ces potentialités, le pays figure parmi les plus pauvres de la planète (rapport PNUD 2013).

En effet, la province de l’Équateur au nord-ouest du pays, avec une superficie de 103.902 Km², soit 4,43 % du territoire national (selon le plan quinquennal 2017-2021), et son territoire d’Ingende regorgent d’abondantes ressources naturelles. Cependant, l’incidence de la pauvreté dans cette province est largement située au-dessus de la moyenne nationale avec 93.6 % des pauvres contre près de 71 % de la population congolaise.

Cette pauvreté se manifeste également par un faible niveau de revenus, un accès très faible aux services sociaux de base de qualité (éducation, santé, eau potable, infrastructures, cadre de vie, etc.) et aux droits sociaux et économique. Une situation qui découle en partie de la non-valorisation du capital humain suite à l’absence des bonnes politiques de développement.

Et surtout, des décennies de conflits et des épidémies que le pays a traversés et continue d’enregistrer. Au cours desquels, le tissu économique s’est considérablement désintégré, y compris une mauvaise gouvernance manifeste presque à tous les niveaux.

Dans le secteur d’Inongo, territoire du même nom dans la province de Maï-Ndombe, les peuples autochtones (pygmées) représentent près de 8% de la population et sont localisés principalement dans le centre-ville d’Inongo. Mais aussi, tout le long de la route Mbombokonda jusqu’au groupement de Ngong’iyembe à 58 Km d’Inongo.

Faisant partie de l’ethnie « Anamongo » de l’Équateur, ces peuples autochtones du territoire d’Inongo de la province de Maï-Ndombe cohabitent avec les communautés bantoues, sous l’égide d’un chef traditionnel dont la légitimité repose sur le seul souci de préservation de leur identité culturelle propre. Ils constituent la frange de la population la plus marginalisée, suite aux us et coutumes rétrogrades. Leur accès aux services sociaux de base est difficile.

Les femmes bantoues et peuples autochtones représentent le groupe le plus vulnérable de la population, suite aux difficultés d’accès aux sources de revenus et aux moyens d’existences de façon équitable et durable. Pourtant, ils promeuvent un leadership communautaire pour tout processus de prise de décision ou de définition de leurs politiques de développement ou d’autonomisation.

Sur le plan économique, l’activité principale des paysans dans ces deux territoires d’Ingende (Équateur) et d’Inongo (Maï-Ndombe) demeure l’agriculture, qui donne des revenus essentiels aux ménages. Mais plusieurs facteurs ont une réelle incidence sur les comptes d’exploitations des champs communautaires des femmes et des jeunes pygmées et bantous.

Parmi lesquels, les crises sanitaires (la maladie à virus Ebola, la pandémie de Covid-19, etc.), la dépréciation du franc congolais face au dollars américain, la dégradation très avancée des routes de desserte agricole, la rareté et la hausse des biens de première nécessité et la dévaluation du cadre macro-économique.

À cela s’ajoutent l’augmentation et/ou instabilité des prix du carburant et des intrants agricoles dont les semences d’arachide, de riz, du niébé, des géniteurs des races améliorées des porcs ou robustes des poules. Ainsi qu’une politique faible d’accompagnement des ménages agricoles au niveau local.

Des populations jadis marginalisées aujourd’hui valorisées

Toutefois, cette situation a commencé à changer peu à peu avec la mise en œuvre des activités du Projet de promotion des droits à un accès équitable des plus pauvres aux ressources et aux moyens d’existence durables en République démocratique du Congo (CIVSAM). C’était au cours de la période allant de 2016 à 2020, par le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP), une Ong de la société civile congolaise, grâce au financement de l’Ong internationale Diakonia.

Les populations des localités de Bokoku, Bokakia, Bowele, Bokatola dans le territoire d’Ingende, province de l’Équateur, et celles de Bobangi, 12 km, Bongemba, Nkole, 15 km, 16 km, 20 km, 21 km, Ilungu dans le territoire d’Inongo, province de Maï-Ndombe, sont donc les bénéficiaires de ce projet CIVSAM. L’exécution des activités programmées dans le cadre de ce projet ont impacté la vie de ces populations autrefois défavorisées.

À savoir que dans cette zone, il n’y a pas eu assez d’interventions des partenaires du Gouvernement depuis des décennies par rapport aux autres territoires du pays. A Ingende par contre, et en dépit du fait que la population est à majorité composée des pygmées (plus ou moins 70 %), cet appui du projet CIVSAM a constitué une aubaine, mieux un levier important qui s’est focalisé à une catégorie de personnes considérées comme des laissés-pour-compte (les femmes, les jeunes pygmées et bantous), souvent marginalisées.

D’autant plus qu’il a permis de valoriser ces populations marginalisées, de leur donner l’occasion de s’épanouir et d’améliorer leurs conditions de vie qui étaient toujours précaires. Puisque, à cause des us et coutumes rétrogrades, les pygmées étaient soumis aux bantous, les femmes aux hommes et les jeunes aux conflits de génération.

Le changement apporté par CIVSAM en 8 points

L’objectif du projet CIVSAM était donc de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ces groupes vulnérables (femmes, jeunes et pygmées et bantous). Spécifiquement, ce projet visait à renforcer les droits sociaux et économiques des femmes, des jeunes et des pygmées dans ces provinces de Maï-Ndombe et de l’Équateur, en vue d’améliorer leurs revenus et leur accès aux ressources naturelles.

Par rapport à l’atteinte de ses objectifs, on peut noter et constater à ce jour que dans la province de l’Équateur par exemple, les femmes et jeunes pygmées et bantous, qui depuis toujours ne participaient pas assez à la dynamique du mouvement paysan à la base, l’ont intégré et font désormais partie des unions membres de la faitière provinciale COPADE. Ils contribuent à son fonctionnement et participent à toutes ses activités aux côtés des autres producteurs agricoles en tant que membres.

Leurs intérêts commencent à y être bien défendus, ils sont aussi représentés dans les instances de prises de décisions de la faitière et leur point de vue est davantage pris en compte. Ils sont aussi dans les comités locaux de développement en cours de redynamisation dans la zone, dans le cadre du projet PIREDD/Équateur.

L’on a aussi remarqué que suite à l’introduction de la culture d’arachide à travers les champs communautaires et individuels, les ménages agricoles s’adonnent et pratiquent cette culture au niveau de leurs champs individuels. L’arachide non seulement constitue une source des revenus supplémentaires, mais il est consommé et sollicité au niveau des ménages et cela contribue à l’enrichissement du régime alimentaire journalier en protéine d’origine végétale.

Et, dans toutes les 6 organisations paysannes bénéficiaires du projet CIVSAM, au moins 50 % de femmes et jeunes autrefois dépendant des hommes ou chefs des ménages, disposent en moyenne de leurs propres sujets d’élevage familial entre 3 à 5 bêtes ou des noyaux collectifs des bêtes élevées par un groupe de 5 à 6 personnes, qui leur servent de sources sûres des revenus.

Également, dans beaucoup de ménages membres et non membres de ces organisations paysannes bénéficiaires du projet CIVSAM, l’on compte beaucoup de races croisées ou hybrides des sujets d’élevage (poules et porcs surtout) issues du croisement des races locales et celles améliorées amenées par le CENADEP dans la zone. Ce qui améliore le rendement, la rusticité et la productivité des sujets d’élevages à partir de la pratique de métayage.

Un autre constat est que la population commence à s’opposer ou à dénoncer régulièrement l’exploitation illégale des bois et à exiger et veiller au respect des clauses sociales par les sociétés d’exploitation forestière. Aussi, la pisciculture est pratiquée dans les ménages agricoles.

La pisciculture, notez, constitue une des sources sures d’où beaucoup commencent à tirer des revenus essentiels et protéines complémentaires d’origine animale dans le ratio alimentaire qui enrichi leur régime alimentaire souvent composé de manioc et ses feuilles riche en amidon et en fer. Et selon leur coutume, les femmes pygmées ne mangent que les poissons écailleux et avec la disponibilité de tilapia rendue possible par le projet, ces femmes accèdent maintenant facilement au poisson pendant les périodes de rareté, de soudure, des fêtes de fin d’année et autres.

L’on a encore remarqué que grâce au projet CIVSAM, les femmes et jeunes pygmées autrefois retissant et hostiles à la vaccination de leurs cheptels, sont devenus favorables y compris pour les soins vétérinaires modernes par rapport aux soins traditionnels qu’ils ont toujours administrés depuis des années. Et il y a des femmes pygmées et des jeunes qui disposent actuellement de leurs propres champs et bêtes d’élevages au sein des ménages en lieu et place de travailler toujours pour les bantous.

Cela leur rassure une assise financière qui leur permette de faire face aux multiples besoins de leurs foyers sans trop de difficultés.

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