Kwango : le PROADER double le volume des prestations de l’opérateur agricole ECOSAC

Le Gouvernement congolais s’investit désormais dans la production et la transformation du manioc panifiable afin de réduire l’importation de la farine de blé dans le pays. Cette initiative du Président de la République Félix Tshisekedi bénéficie entre autres du soutien de la Banque africaine de développement (BAD) dans l’appui au développement de la filière de manioc à travers la promotion de la farine panifiable mais aussi dans l’amélioration du portefeuille des projets que la BAD finance en RDC dans le secteur agricole et rural.

Parmi lesquels, il y a le PROADER (Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale), ancré dans le Ministère du Développement rural, qui s’est vu donc confié une nouvelle tâche pour la transformation du manioc dans sa zone d’action. Du coup, ce projet ne perd pas de temps et a déjà commencé par dépêcher des missions sur terrain pour évaluer les capacités techniques, en ressources humaines et équipements, de ses opérateurs agricoles partenaires.

Cette performance est évaluée dans le cadre de l’exécution de la convention en cours et de produire la documentation détaillée prouvant que ces opérateurs ont des capacités techniques, en ressources humaines et en équipement/logistique pour supporter l’augmentation du volume des prestations. Puisque la stratégie de mise en œuvre du PROADER est basée sur le Partenariat public-privé-producteur (4P). Et, le projet couvre 7 provinces de la RDC (Kongo-Central, Kwango, Kwilu, Maï-Ndombe, Kasaï, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental), et est exécuté dans 30 secteurs ou Entités territoriales décentralisées (ETDs) desdites provinces.

Voilà pourquoi, après l’étape de la province du Kongo-Central où elle a déjà inspecté l’opérateur agricole LAYUKA qui est sous contrat avec le PROADER pour la production et la transformation de 1.600 hectares de manioc, et qui verra son volume des prestations augmenté de l’ordre de 1.400 hectares de manioc panifiable, la mission des experts du PROADER a passé la dernière semaine dans la province du Kwango.

C’était pour inspecter un autre opérateur, ECOSAC (Entreprise de consultance et des services agricoles au Congo), qui apporte de l’appui aux paysans-producteurs agricoles à travers 5 différents sites (vastes étendues à perte de vue) disséminés au niveau du plateau situé à cheval entre les secteurs de Bukanga-Lonzo et Pont-Kwango, territoire de Kenge dans la province du Kwango. Cet entrepreneur agricole est déjà sous contrat avec le PROADER pour la production et la transformation du manioc de l’ordre de plus ou moins 1000 hectares.

Et il verra son volume des prestations augmenter avec 2000 autres hectares afin de matérialiser la vision du chef de l’État d’associer la farine de manioc dans la panification. Et ceci passe par les résultats de cette évaluation.

Il y a disponibilité des terrains pour le manioc au Kwango

Ainsi, au Kwango, la mission du PROADER a débuté par présenter des civilités au gouverneur ad intérim en la personne du ministre provincial en charge des Mines et Hydrocarbures, M. Blaise Nsamu Kilala, dans la salle de réunion du Gouvernorat de province. C’était l’occasion pour Désiré Bujiriri Nfune Bashiga, directeur administratif du Ministère du Développement rural et responsable de l’équipe judiciaire du PROADER, alors chef de mission, de présenter brièvement le PROADER à l’autorité provinciale du Kwango.

Et surtout, de lui faire part de l’objet de la mission qui a conduit les experts du PROADER dans sa juridiction. Et nous apprenons dans le rapport de cette mission que dans les villages du Parc agroindustriel de Bukanga-Lonzo, plusieurs ménages avec à leur tête le chef coutumier Ndoko Pala Antoine du village Biringangasi, trouvent à cette éventuelle deuxième convention entre le PROADER et la société agricole ECOSAC, une réponse du Ministre d’État, Ministre du Développement rural, M. François Rubota Masumbuko, à leur demande d’augmenter le nombre d’hectares aux ménages, qui jusque-là, n’ont qu’un hectare chacun.

Ce n’est que de cette manière que l’économie rurale de ce coin du pays sera boostée, ont rappelé les différents ménages aux missionnaires. Quant au Chef Ndoko Antoine, il a rassuré  la mission de la disponibilité des terrains dans les différents villages du Parc agroindustriel de Bukanga-Lonzo. Il a cet effet plaidé pour la reconnaissance des droits coutumiers dans ce projet qui vise l’amélioration des conditions de vie des populations paysannes.

Par la suite, la mission guidée par le promoteur d’ECOSAC a eu à visiter d’autres terrains disponibles pouvant accueillir les activités relatives à la production du manioc panifiable dans quelques sites, à savoir, les villages du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, Batchongo, Kwango-Mpese et autres.

Pour la transformation du manioc, l’opérateur agricole ECOSAC dispose d’une unité implantée dans le même rayon et envisage l’acquisition d’une autre de grande capacité en prélude de cette nouvelle mission que va lui donner le projet PROADER. Le problème d’énergie ne va en aucun cas se poser, car la SNEL dispose d’une station non loin du lieu d’implantation de la nouvelle usine.

Par ailleurs, l’entrepreneur agricole ECOSAC détient plusieurs documents en rapport avec l’exploitation des différents sites. Pour une meilleure sécurisation foncière des sites, la mission a recommandé leur légalisation auprès des services compétents de l’État.

Une visite des champs de la première convention ainsi que des terrains en préparation pour la prochaine saison culturale a bouclé cette mission d’évaluation de l’opérateur agricole ECOSAC dans le territoire de Kenge, secteur de Bukanga-Lonzo, province du Kwango.

Il sied de noter que la Présidence de la République a également fait partie de cette mission à travers sa Cellule d’appui au programme d’urgence intégré du développement communautaire (CAPUIDC).

PROADER, projet financé à hauteur de 60 millions USD

Pour rappel, le PROADER est un nouveau projet du Gouvernement congolais bénéficiant de l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD), estimé à plus de 60 millions de dollars américains, en termes de don et de prêt. Son objectif est de promouvoir une économie rurale dynamique et prospère en RDC.

Et il vise l’amélioration des investissements productifs et sociaux afin de rendre le milieu rural congolais plus attractif et productif. Mais aussi de promouvoir le développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat agricole et rural, afin de favoriser la diversification et la valorisation de la production agricole.

Signalons par ailleurs que le projet PROADER comporte trois grandes composantes. Il y a premièrement le renforcement des capacités qui comprend trois axes : appui au développement ; appui institutionnel aux services techniques et structures impliquées ; et appui à la nutrition, sensibilisation sur l’alimentation et les actions essentielles en nutrition.

La deuxième composante du PROADER concerne la promotion des investissements productifs et sociaux. Il comprend cinq axes qui sont : le développement des partenariats commerciaux ; le développement des compétences et des innovations dans le secteur agricole et rural chez la femme et le jeune ; l’autonomisation de la femme vivant en milieu rural ; l’agroforesterie communautaire ; le développement des infrastructures structurantes.

La gestion du projet constitue la troisième et dernière composante du PROADER avec comme axes, la gestion administrative et financière ; le suivi-évaluation, la passation des marchés ; la communication ; et la surveillance de la conformité environnementale…

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