Le PROADER parti pour la production et la transformation du manioc panifiable

La guerre Russie – Ukraine avec ses conséquences économiques néfastes dans le monde, pousse les nations à agir vite au profit des populations qui ne savent à quel saint se vouer face notamment à la pénurie de la farine de blé. C’est dans cette optique que la République démocratique du Congo se tourne désormais vers la production et la transformation du manioc panifiable, dans le but de réduire l’importation de la farine de blé.

Ainsi, la Banque africaine de développement (BAD) a bien accepté de matérialiser l’initiative du Chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, celui d’associer la farine de manioc dans la fabrication du pain. Cet appui financier se fera à travers les différents projets que la BAD finance déjà en Rd Congo.

C’est le cas du Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale (PROADER), encré à la Direction de l’économie rurale de l’Administration du Développement rural. Ce projet s’est vu donc confié cette nouvelle mission dans sa zone d’action.

À savoir, le PROADER couvre 7 provinces de la RDC, à savoir, le Kongo-Central, le Kwango, le Kwilu, le Maï-Ndombe, le Kasaï, le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental. Et il sera donc exécuté dans 30 secteurs ou Entités territoriales décentralisées (ETDs) desdites provinces.

Pour ce faire, des experts du PROADER ont été dépêchés sur terrain, dans la province du Kongo-Central dans un premier temps, pour vérifier les capacités techniques, en ressources humaines et équipements de l’opérateur agricole LAYUKA. Ce, suivant l’une des recommandations de la dernière mission de la BAD en RDC, menée du lundi 21 février au mardi 15 mars 2022 en vue de l’amélioration du portefeuille des projets du secteur agricole et rural et d’appui au développement de la filière de manioc à travers la promotion de la farine panifiable.

Ainsi donc, cet opérateur  agricole,  déjà sous contrat avec le PROADER pour la production et la transformation de 1.600 hectares de manioc, verra son volume des prestations augmenté  de l’ordre de 1.400 hectares de manioc panifiable. Après avoir présenté leur civilité au ministre provincial ayant en charge le Développement rural du Kongo-Central, Mme Pauline Mvibidulu, les experts du projet sont descendus sur terrain pour évaluer les capacités techniques, en ressources humaines et équipements de l’opérateur agricole LAYUKA  au niveau du territoire de Madimba.

Sous la conduite du directeur administratif et financier de l’Administration du Développement rural et responsable de l’équipe judiciaire du PROADER, M. Désiré Bujiriri, la mission a également eu l’occasion de visiter quelques concessions et champs des autres structures devant travailler sous la houlette de la société Layuka dans les territoires de Tshela, Songololo et Mbanza-Ngungu. Ce, dans le but de s’assurer de leur sécurité foncière.

Quelques unités de transformation à Lukula et Luozi ainsi qu’un fabricant des usines de transformation du manioc ont également reçu la visite de cette mission du PROADER. Il revient donc aux missionnaires de faire rapport à qui de droit et ce dernier va se prononcer en faveur de l’augmentation de volume des prestations ou non de l’opérateur agricole LAYUKA  suivant les informations récoltées sur place.

Il sied de noter que cette mission a connu la participation de la Présidence de la République à travers sa Cellule d’appui aux programmes d’urgence intégrés du développement communautaire (CAPUIDC). La prochaine étape c’est la province du Kwango où la mission évaluera les capacités d’un autre opérateur agricole, à l’occurrence ECOSAC.

Cet entrepreneur agricole apporte de l’appui aux paysans-producteurs agricoles. Et il a reçu des moyens auprès du projet PROADER pour appuyer 1.072 ménages avec 1.072 hectares de manioc (et de maïs inclus), en raison d’un hectare par ménage, à travers 5 différents sites (vastes étendues à perte de vue) disséminés au niveau du plateau situé à cheval entre les territoires de Bukanga-Lonzo et Pont-Kwango dans la province du Kwango.

PROADER, projet financé à hauteur de 60 millions USD

Le Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale est un nouveau projet du Gouvernement de la République sous encrage institutionnel du Ministère du Développement rural, bénéficiant de l’appui financier de la Banque africaine de développement (BAD). Lequel est estimé à plus de 60 millions de dollars américains, en termes de don et de prêt.

L’objectif poursuivi est de promouvoir une économie rurale dynamique et prospère en RDC. Ainsi donc, le PROADER vise l’amélioration des investissements productifs et sociaux afin de rendre le milieu rural congolais plus attractif et productif.

Mais aussi de promouvoir le développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat agricole et rural, afin de favoriser la diversification et la valorisation de la production agricole. Ainsi, la stratégie mise en œuvre par le PROADER est basée sur les quatre P : Partenariat public-privé-producteur.

C’est dans ce cadre que le projet est lié par une convention avec l’opérateur agricole LAYUKA Sarl. Celui-ci est déjà à l’œuvre dans le secteur de Boko, territoire de Mbanza-Ngungu, et dans le secteur Ngufu, territoire de Madimba. Ici, cette société agricole a déjà emblavé de dizaines d’hectares de manioc et installé plusieurs champs écoles dans différents sites. Et elle a même une usine de transformation de manioc au niveau de la cité de Madimba.

Signalons par ailleurs que le projet PROADER comporte trois grandes composantes. Il y a premièrement le renforcement des capacités qui comprend trois axes : appui au développement ; appui institutionnel aux services techniques et structures impliquées ; et appui à la nutrition, sensibilisation sur l’alimentation et les actions essentielles en nutrition.

La deuxième composante du PROADER concerne la promotion des investissements productifs et sociaux. Il comprend cinq axes qui sont : le développement des partenariats commerciaux ; le développement des compétences et des innovations dans le secteur agricole et rural chez la femme et le jeune ; l’autonomisation de la femme vivant en milieu rural ; l’agroforesterie communautaire ; le développement des infrastructures structurantes.

La gestion du projet constitue la troisième et dernière composante du PROADER avec comme axes, la gestion administrative et financière ; le suivi-évaluation, la passation des marchés ; la communication ; et la surveillance de la conformité environnementale…

 

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