Nord-Kivu : la CONAPAC alerte sur l’arrestation « arbitraire » de 5 paysans agriculteurs

Selon une dépêche nous parvenue de la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (CONAPAC), cinq défenseurs des agriculteurs sont détenus dans la prison centrale de Munzenze à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo. Il s’agit de MM. Gato Mijorano, Ndesho Kagwene, Bihoyiki Gahakwa, Sibomana Kanyanzira (de Bishusha – Rutshuru) et Ntuyenabo Habimana John (de Bashali/Masisi), interpellés le vendredi 15 avril 2022 par le Parquet de Grande Instance de Goma, puis mis dans la détention préventive des libertés à la prison centrale de Goma le samedi 21 avril.

À en croire la source, ces hommes ont été arrêtés uniquement par le seul fait d’être membres d’un comité des défenseurs des droits des agriculteurs a Bishusha précisément à Kitsimba, Kihonga, Tebaguro, Mugosi, Honero, Kamatembe, Kaveni, Bushavute, Ngesho, Budeyi, Kahe, Nyakamanga, Bunobwe, Nyamigabe, Katsira, Chahemba, Hifo, Gitobo, Gihimba, Burungu,… « Le plus grand problème est que ces  paysans sont arrêtés sans être entendus par la justice, ni confrontés avec leurs plaignants qui sont quasiment fictifs et qui apparemment sont parmi les grands concessionnaires de la partie, y compris quelques députés nationaux élus de Rutshuru, aussi concessionnaires », estime la CONAPAC.

Cette faitière nationale des producteurs agricoles affirme quant à elle que c’est pour la sixième fois que ces pauvres paysans agriculteurs sont arrêtés, malheureusement, avec toujours les mêmes plaignants qui utilisent des forces de sécurité pour les terroriser. Pourtant, ils ne font que réclamer l’exécution des accords signés entre le gouvernement provincial du Nord-Kivu, les concessionnaires et les 36.000 agriculteurs ainsi que les conservateurs des titres immobiliers de Rutshuru, le mwami de Bashali, les chefs de groupement de Bishusha, etc. en 2013.

« Nous regrettons la position prise par les concessionnaires représentés par l’homme fort du milieu, d’étouffer les paysans qui pourtant réclament leurs droits sans violence aucune. Nous lancerons cet appel urgent au Gouvernement central congolais de s’impliquer car c’est amplement contraire à la volonté du Chef de l’État. Au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Constant Ndima, de sauver et de s’impliquer dans cette affaire qui risque de créer un conflit dans les groupements de Bishusha et Bashali, car personne n’ignore la vulnérabilité de cette entité du point de vue sécuritaire », a déclaré la CONAPAC.

Celle-ci estime en outre que l’état de siège a été décrété pour résorber des problèmes sécuritaires et des conflits entre les concessionnaires et les agriculteurs. Lesquels problèmes restent parmi les sources de l’insécurité dans la province du Nord-Kivu. Auxquels, le Président de la République Félix-Antoine Tshesekedi Tshilombo ne cesse d’aménager aucun effort pour que ces causes d’insécurité soient endiguées définitivement.

Pour la CONAPAC, le gouvernement provincial du Nord-Kivu, ses partenaires et ses techniciens en matière foncière, étant témoins signataires de ces accords conclus en 2013, devraient se mobiliser afin que cette affaire ne puisse plus constituer une bombe à retardement, car gouverner c’est prévoir, dit-on. « Et ça sera sans doute renforcer la vision du Chef de l’État que nous ne cessons de louer ses efforts et la volonté de voir les choses et pratiques anciennes changer », souligne-t-elle.

Enfin, la CONAPAC lance une sonnette d’alarme au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu de faire diligence afin que ces victimes (agriculteurs arrêtés) soient libérées. « Que la chasse à l’homme contre d’autres membres de cette communauté soit levée et que la solution soit définitivement trouvée et que toutes les parties trouvent leurs gains de cause et surtout sauver les 36.000 paysans en errance, et préserver les acquis de l’état de siège dans ce coin longtemps dominé par l’insécurité grandissante », souligne-t-elle.

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