PROADER satisfait des usines de l’opérateur agricole BAB pour la transformation de manioc

Après la province du Kasaï-Central, les experts du PROADER (Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale) se sont rendus au Kasaï-Oriental voisin pour une mission relative à la vérification des capacités techniques, en ressources humaines et équipements de l’opérateur agricole BAB (Bio Agri Busness). Ce, dans le cadre de la production et transformation du manioc en vue de la fabrication de la farine panifiable. La mission a également consisté à l’évaluation environnementale et sociale dans les différents sites qu’exploite cet opérateur.

En effet, comme d’aucuns ne l’ignorent le Gouvernement de la République démocratique du Congo s’est décidé de s’investir désormais dans la production et la transformation du manioc panifiable, dans le but de réduire l’importation de la farine de blé dans le pays, afin de faire face à la crise économique causée par la guerre en Ukraine. Cette initiative consistant à associer la farine de manioc dans la fabrication du pain est également soutenue par la Banque africaine de développement (BAD), dans l’appui au développement de la filière de manioc à travers la promotion de la farine panifiable.

Mais aussi dans l’amélioration du portefeuille des projets que la BAD finance déjà en RD Congo dans le secteur agricole et rural. Parmi lesquels, il y a le Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale (PROADER), encré à la Direction de l’économie rurale de l’Administration du Développement rural.

Ce projet s’est vu donc confié cette nouvelle mission dans sa zone d’action, laquelle couvre 7 provinces de la RDC, à savoir, le Kongo-Central, le Kwango, le Kwilu, le Maï-Ndombe, le Kasaï, le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental. Le projet est donc exécuté dans 30 secteurs ou Entités territoriales décentralisées (ETDs) desdites provinces.

Ainsi, dans le but de booster la production et la transformation du manioc panifiable en vue  de réduire l’importation de la farine de blé, le PROADER procède depuis un certain temps à des évaluations des capacités techniques, en ressources humaines et équipements, de ses différents opérateurs agricoles partenaires dans différentes provinces de sa zone d’intervention. Des performances sont donc évaluées pour l’exécution des conventions en cours entre le PROADER et ses partenaires.

Mais aussi, pour produire la documentation détaillée prouvant que ces opérateurs ont des capacités techniques, en ressources humaines et en équipement/logistique pour supporter l’augmentation du volume des prestations. Puisque la stratégie de mise en œuvre du PROADER est basée sur le Partenariat public-privé-producteur (4P).

C’est dans ce contexte que s’inscrit cette mission d’experts du PROADER  dans la province du Kasaï-Oriental.

1.600 hectares de maïs cultivés à la base de BAB – Nkwadi

Ainsi, la base de BAB – Nkwadi situés à plus au moins 50 km de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province, a été le premier site à être inspecté par les experts du PROADER. Ces derniers sont accompagnés par leurs collègues d’autres institutions de la République telles que la Présidence de la République à travers la Cellule d’appui au programme d’urgence intégré de développement communautaire (CAPUIDC), du Ministère du Développement rural et de l’ACE (Agence congolaise de l’environnement) du Ministère de l’Environnement et Développement durable.

Ici à la base de BAB – Nkwadi, les missionnaires ont inspecté le charroi automobile et différents engins agricoles que le Gouvernement congolais a mis à la disposition de l’opérateur agricole BAB dans le cadre du programme volontariste agricole piloté par le Ministère de l’Agriculture. Contrairement à la base BAB de Lubondaie dans le Kasaï-Central, la base de Nkwadi a su mettre à profit les équipements mis à sa disposition en cultivant 1.600 hectares de maïs pour les deux saisons culturales A 2021 et B 2022.

En ce qui concerne les unités de transformation, les experts ont noté avec satisfaction le montage très avancé des usines de transformations de maïs et de manioc. L’occasion pour les experts venus de Kinshasa de recevoir les explications sur le fonctionnement de l’usine de transformation du manioc en particulier devant produire la farine panifiable à base de manioc.

Sur le terrain, c’est plus les experts en environnement du secrétariat général du Développement rural et de l’Agence congolaise de l’environnement qui étaient au four et au moulin afin de récolter les données nécessaires pour le screening. Selon eux, le dénivelé de 6 % constaté au niveau de ce site qui est une plaine en réalité, situé entre les rivières Lubilanji et Kalulu, n’aura pas d’incidence sur le plan environnemental.

Ainsi, il a été recommandé de rehausser les digues en vue de parer aux éventuelles inondations pendant la période de crue. Outre le site de Nkwadi, l’opérateur agricole BAB dispose également d’autres sites à Bena Kadima et à Bena Mukendi.

Pour rester dans la stratégie de mise en œuvre du PROADER basée sur les 4 P (Partenariat- publique – privé – producteur, la mission d’experts a mis un accent particulier sur le rapport devant exister entre l’opérateur agricole BAB et les différentes structures paysannes. La mission a aussi conseillé de ne recourir aux terrains de BAB que si la population ne dispose pas de terres disponibles et sécurisées.

Cette mission d’experts venus de Kinshasa a également recommandé, face à cette difficulté de divergence de vision, la tenue rapide des ateliers d’imprégnation dans les différents sites au niveau de la zone d’intervention du PROADER qui sont les provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, Kwango, Kwilu, Kongo Central et Maindombe.

Rappelons par ailleurs que, dans ce cadre de la production et transformation du manioc panifiable en RDC, avant l’opérateur agricole BAB dans les deux provinces du Kasaï-Central et Kasaï-Oriental, le PROADER avait déjà procédé à l’évaluation de deux autres opérateurs agricoles dans le Kongo Central (LAYUKA) et dans la province du Kwango (ECOSAC).

Quid du PROADER ?

Pour rappel, le PROADER est un nouveau projet du Gouvernement de la République encré dans le Ministère du Développement rural, et bénéficiant de l’appui financier de la BAD, estimé à plus de 60 millions de dollars américains, en termes de don et de prêt. L’objectif poursuivi est de promouvoir une économie rurale dynamique et prospère en RDC.

Ainsi donc, le PROADER vise l’amélioration des investissements productifs et sociaux afin de rendre le milieu rural congolais plus attractif et productif. Mais aussi de promouvoir le développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat agricole et rural, afin de favoriser la diversification et la valorisation de la production agricole.

Signalons par ailleurs que le projet comporte trois grandes composantes. Il y a premièrement le renforcement des capacités qui comprend trois axes : appui au développement ; appui institutionnel aux services techniques et structures impliquées ; et appui à la nutrition, sensibilisation sur l’alimentation et les actions essentielles en nutrition.

La deuxième composante du PROADER concerne la promotion des investissements productifs et sociaux. Il comprend cinq axes qui sont : le développement des partenariats commerciaux ; le développement des compétences et des innovations dans le secteur agricole et rural chez la femme et le jeune ; l’autonomisation de la femme vivant en milieu rural ; l’agroforesterie communautaire ; le développement des infrastructures structurantes.

La gestion du projet constitue la troisième et dernière composante du PROADER avec comme axes, la gestion administrative et financière ; le suivi-évaluation, la passation des marchés ; la communication ; et la surveillance de la conformité environnementale…

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